ENGAGEMENT

Préambule

Tout commence par le vécu d’une femme, dont la grande partie de la jeunesse s’est déroulée dans un climat de conflit armé, de tribalisme et d’insécurité politique, économique et sociale.

A ses 10ans, cette jeune femme a été violée par un homme d’une quarantaine d’année quand elle revenait des cours. Elle a gardé ce secret à elle toute seule pendant une vingtaine d’année. Jamais sa famille ne l’a su.

A l’âge adulte, elle a commencé à s’interroger sur les relations entre homme et femme, entre adultes et enfants et elle a compris que les seules choses qui l’ont fait avancer étaient son entourage familial et les études. D’ailleurs, elle ne s’était jamais posé des questions là-dessus, et on peut croire qu’elle a choisi inconsciemment de vivre dans le déni de cet acte.

Plus tard, elle a commencé à s’interroger sur la vulnérabilité des enfants, surtout ceux et celles qui grandissent dans un environnement moins propice aux droits et libertés des enfants, d’égalité entre les sexes et bien d’autres liés à la seule reconnaissance de notre humanité.

Dans des contextes différents ces mêmes personnes en situation de vulnérabilité sont aussi victimes d’une stigmatisation grandissante et impardonnable. Une discrimination dont les causes sociales sont ancrées dans les pratiques ancestrales, culturelles, religieuses déshumanisantes.

« Un enfant(La convention relative aux droits de l’enfant et la Charte africaine sur les droits et le bien-être de l’enfant, définissent l’enfant comme une personne âgée de moins de dix-huit ans.) ne choisit jamais de venir au monde. De ce seul fait, il est totalement innocent et les actes ignobles de ses parents ne peuvent lui être reprochés du seul fait d’avoir eu le malheur de naître d’eux ». Il s‘agit ici d’une problématique majeure « des enfants nés du viol » et « abandonnés à la rue » par la mère, les grands parents et/ou rejetés par la société de son environnement. La problématique des enfants nés des familles décomposés, des pères inconnus, des enfants vivants sous une réalité géopolitique cloisonnée et dépourvue de toute ouverture aux autres peuples, des enfants victimes de la situation économiquement et socialement instable. Il s’agit ici des enfants vivant en situation de pauvreté généralisée.

La problématique des enfants dits « enfants soldats », des filles dites « filles-mères », des enfants dits « enfants sorciers », des enfants dits « enfants serpents », etc.

Quelle inventivité sadique ? Quelle ingénieuse cruauté ?

Aujourd’hui la présidente d’UNAH, Alliance Heri, Initiatrice de cette association en faveur des enfants est optimiste et remplie d’espoir pour un avenir meilleur. « On ne choisit pas qui on est, on choisit qui on devient ». La grande question qui se pose est quel monde pour quel avenir et quel avenir pour quel monde ? Nous parlons tous d’avenir, mais ne savons pas quel genre d’avenir aura notre progéniture et dans quel monde celle-ci pourra en profiter.

Cette question a été posée aux fondateurs et fondatrices d’UNAH pour envisager une issue de secours pour ces enfants. C’est dans cet esprit qu’UNAH a vu le jour et a été constituée association de solidarité internationale pour le développement en faveur des enfants en situation de vulnérabilité particulièrement. Sans les discriminer par cette catégorisation, nous voudrions plutôt leur offrir les opportunités réservées aux enfants en situation normale de croissance. Nous renchérissons la maxime de Rabelais voulant « un Esprit sain dans un Corps sain », par « des enfants sains dans un environnement sain. » ou « une humanité saine dans un monde sain ».

Genèse D’UNAH

La première action a été réalisée en 2010 dans la ville de Bukavu, au Sud-Kivu, en république Démocratique du Congo. Elle s’est articulée autour du constat selon lequel la RDC était toujours un pays où l’insécurité régnait même après les 50 années après l’indépendance. Une insécurité qui a fait des victimes et des auteurs de meurtres dont l’humanité aurait bien pût éviter. Un texte de  théâtre relatant un héritage colonial dépourvu du bon sens et qui a desservi et asservi tout un peuple ! Ce texte de théâtre voulait de manière simple, sensibiliser le congolais et la congolaise à des actes responsables qui contribuent au développement des peuples et à une véritable paix.

Dans un monde sans foi, ni loi dans lequel le système du sauve qui peut est généralisé, il n’est pas étonnant que des enfants, laissés pour compte, se transforment en petits monstres « kadogo, fenders, voleurs à mains armées, etc. » et se voient grandir sans repère. Les retombés des conflits armés et tribaux sont énormes et  les victimes innombrables « après 50 ans d’indépendance»(Cette pièce de théâtre conçue et écrite en 2010 par la fondatrice d’HUNAH, Heri Alliance. relate ce que les enfants subissent lors des conflits armés et dans la période post-conflit. Elle démontre la manipulation faite sur les enfants victimes des conflits armés, leurs enrôlement dans des factions armées, le massacre des familles, le viol sur ces enfants, les pillages, les enfants sans familles, arrachés du banc de l’école pour aller combattre un ennemi inconnu. Cet ennemi inconnu à multiples facettes, souvent plus fort qu’eux, les anéanti. Des fois, cet ennemi représente leurs propres familles, leurs frères, et eux-même, croyant à une idéologie vengeresse sans fondement, ils s’auto détruisent  en cherchant à donner un sens à leur vie, à leurs actes, et à leur combat. Cette pièce est un cri d’alarme  pour un monde qui se meurt, une mère-monstre-nation qui avale et tue sa progéniture, l’avilit et baigne dans son sang. Ces enfants, victimes, sans défense, crient au secours, les mains tendues, demandant qu’on s’arrête sur leur sort.  Ce texte se termine par un brin d’espoir vers un monde plein de vie et d’espérance).

Un engagement qui se résume autour de cette phrase: « Au fur et à mesure qu’on laisse briller sa propre lumière, on donne aux autres la permission d’en faire autant ».